Bernadette Vialas

portrait-bernadette-nbLe premier effet est physique : la matière est là.

L’espace intime vibre. Il est parcouru par la circulation de surfaces sans référence, entre fluidité transparente et empâtements telluriques, ponctué de teintes minérales.

L’apparente abstraction de l’œuvre est trompeuse. Le fracas de la composition interroge.

Puis, le regard se précise, distingue une scénographie, qui, dans un langage plastique intime et poétique, raconte une vie minimaliste mais cependant présente.

« L’abstraction n’existe pas ! » disait Picasso, « il faut toujours partir de quelque chose. »

Entre les alluvions de sable ocre et de cailloux immaculés, surgissent les arbres d’un verger, comme dans une brume où les éléments plastiques jouent avec la lumière crue des blancs dansant entre le bleu lapis-lazuli et l’ampleur des pourpres.

Ce sont des terres labourées du Quercy, blanches baignées de ciel.

Ce sont des êtres imperceptibles qui nous observent comme perdus derrière une vitre embuée dé songes et perlée de larmes.

La  peinture de Bernadette Vialas est une expression physique, une suite entre le ciel, l’eau et la terre. Ses œuvres sont saturées de matières, sable, terre, papier, plâtre, divers matériaux qu’elle appose sur la surface à même le sol, dans des gestes où se révèle une poésie pure et délicate.

Passionnée par les conceptions picturales de Louttre B. , lotois  comme elle, de l’allemand Anselm Kiefer, Bernadette Vialas inscrit sa peinture dans les pas de ses prédécesseurs, tout en imprimant dans les strates de ses tableaux une histoire, la sienne et celle du peintre qu’elle est.

Marcel Benaïs

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